Mozart et sa soeur Nannerl

Né à Salzbourg en 1756, Mozart a très vite connu le plaisir mais aussi la fatigue des voyages en Europe, suivant son père, employé par le prince-archevêque Schrattenbach, dans ses périples musicaux avec également sa sœur aînée Maria-Anna qu’il appelle Nannerl. De quoi, très tôt, le faire connaître de l’Europe entière mais aussi lui permettre d’être au contact des différents courants musicaux et, ainsi, de former son oreille.

Ils vont d’abord à Munich, puis à Vienne, avant de s’engager, le 9 juin 1763, dans une longue tournée en Europe, qui les emmène de nouveau à Munich, puis à Augsbourg, Mannheim, Francfort, Bruxelles, Paris, Versailles, Londres, La Haye, Amsterdam, Dijon, Lyon, Genève et Lausanne.

Forcément, à chaque étape, les talents prodigieux du jeune Mozart sont exhibés. L’enfant impressionne et capte en même temps de nouvelles influences musicales. Il fait ainsi la rencontre de deux musiciens qui vont le marquer définitivement : Johann Schobert à Paris, et Johann Christian Bach, fils cadet de Jean-Sébastien Bach, à Londres.
Ce dernier lui fait découvrir le pianoforte, inventé au début du siècle, et l’opéra italien. Il lui apprend également à construire une symphonie.

C’est également à Londres que le naturaliste Daines Barrington tente de montrer que Wolfgang n’est qu’une sorte de singe savant exhibé par son père devant la noblesse européenne et qu’il s’agit d’une supercherie. Peine perdue car ses tests sur l’enfant révèlent qu’il s’agit bien d’un prodige.

Dans ses exhibitions, le jeune Mozart démontre ses qualités exceptionnelles de virtuose non seulement au clavecin, et plus tard au pianoforte, mais aussi au violon et à l’orgue. Il lui sera d’ailleurs proposé à Versailles un emploi de musicien à l’orgue qu’il n’acceptera pas. Mozart recherchera en vain un emploi de chef d’orchestre, kapellmeister, à Vienne. Lui-même s’intitule kapellmeister.

En 1767, à l’âge de onze ans, Mozart compose son premier opéra Apollo et Hyacinthus (K.38), une comédie latine destinée à être interprétée par les élèves du lycée dépendant de l’université de Salzbourg.

De retour en Autriche, il se rend régulièrement à Vienne, et, durant l’été 1768, compose deux autres opéras : Bastien et Bastienne et La finta semplice ; il n’a alors que douze ans. L’année suivante, le prince-archevêque le nomme maître de concert. Son père obtient un congé, sans solde, ce qui lui permet de reprendre la route et de faire découvrir l’Italie à son fils (Mozart s’y rendra régulièrement jusqu’en 1773) ; il y étudie l’opéra, forme musicale dans laquelle il excellera à notre goût (Le nozze di Figaro (les Noces de Figaro), Don Giovanni, Così fan tutte (Ainsi font-elles toutes), Die Zauberflöte (la Flûte enchantée)…) et grâce à son travail sur les harmonies vocales et sa maîtrise de la polyphonie, il apportera une touche personnelle de sensibilité à ce genre.

En Italie, il se lie au savant Padre Martini, devient membre de l’Accademia Filarmonica de Bologne – qui pourtant n’admettait en principe que des membres âgés de plus de vingt ans. Le pape Clément XIV le nomme Cavaliere del lo speron d’oro (Chevalier de l’éperon d’or). Les voyages ont définitivement permis à Mozart de se sensibiliser très jeunes à toutes les influences musicales. Au delà de son talent, il a ainsi pu se construire une culture musicale grâce à ses multiples visites en France, Angleterre, Allemagne, Suisse et Italie. On dit que les voyages forment la jeunesse, pour Mozart, ils ont surtout formé son talent !

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